vendredi 19 octobre 2018

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Caveau de Capimont : le futur en confiance

La cave coopérative des coteaux  de Capimont siège à Hérépian, après Bédarieux quand on va vers Saint Pons. Ses dirigeants, M. Coste (président) et Mme E. Vila (directrice) sont les témoins et les acteurs de l'évolution qu'a connue la viticulture dans les Hauts Cantons. Pour Béziers-Infos, ils ont évoqué le passé et le futur.

Dans la zone d'action de la cave (Saint Gervais, Bédarieux, Olargues), le rouge n'est plus mis, alors qu'on misait sur lui il y a trente ans. La coopérative n'en commercialise que 2 000 hl, sur les 17 000 récoltés. Les cépages anciens (Aramon, Cinsault) ont cédé la place au Chardonnay et au Cabernet qui produisent des blancs et rosés structurés, bien en bouche. Si gouleyants qu'ils ont fait oublier la "piquette" qu'on reprochait aux viticulteurs de produire dans les années 1960-1970. Pour le changement, M. Coste fut à la manœuvre dès 1984. Après des tentatives (réussies) dans une vigne expérimentale, les premières cuvées de blanc seront vinifiées en 1988. M. Coste se souvient avec clarté des ceps de Chardonnay et Sauvignon qu'il planta en 1989, au risque de passer pour quelque peu dérangé. Les techniciens agricoles de Montpellier lui avaient conseillé de tirer parti d'une particularité météorologique des Hauts Cantons. Là, début août, les matinées sont fraîches (de 13 à 15°) et les journées chaudes (30°). L'amplitude thermique favorise le mûrissement du raisin qui s'exprime dans les arômes exceptionnels des vins blancs et rosés.

M. Coste et Mme Vila, président et directrice de la coopérative de Capimont

Alors, dans les années 1990, il a fallu mettre en œuvre le changement et, en particulier, équiper la cave d'un, puis de trois pressoirs pneumatiques, affiner les méthodes de cueillette. La vendange est tout un art. Il faut (en prenant des risques) pousser le mûrissement au maximum pour obtenir arômes et degré en alcool. Pour le caveau (qui commercialise 15% du vin produit), la vendange est déterminée par parcelle, par une commission. Quand on juge que le "moment optimal" est atteint, quand la chimie (équilibre phénolique) garantie que l'alchimie opèrera, en 8 à 10 jours, vers le 15 septembre, on vendange "les blancs". Il faut surveiller les vignes et s'en remettre au site "Météo-ciel". En cas d'alerte, les portables chauffent et "vite-vite avec les machines", on se hâte de rentrer la récolte. Vins blancs et rosés sont très appréciés  en dehors du caveau, en France et à l'étranger. Rien de tel pour accompagner une belle viande ou un fromage, loin des petits vins insipides d'autrefois. D'ailleurs, dans l'ensemble, la demande a changé : les Français, aujourd'hui, boivent peu, mais bon. L'alcoolisme est bien un problème de santé publique, mais pourquoi le symboliser par un verre de vin ?

Pour l'heure, la plus gros de la production est écoulé par le négoce vers les grandes firmes qui approvisionnent le marché. Aux coteaux de Capimont, après trente ans de restructurations, même si des prix prestigieux ont salué les efforts fournis, on cherche à faire mieux. Parmi les actions envisagées, on parle d'œno-tourisme. Et, face à l'avenir, "on est confiant".

Hervé B.