samedi 22 septembre 2018

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De jeunes pousses prometteuses

Un lot remarquable de novillos (taureaux de trois ans) de Robert Margé a permis le triomphe des deux toreros mexicains, El Galo et Diego San Roman. Le Biterrois Carlos Olsina a montré de belles dispositions également.

Les habitués des arènes de Béziers connaissent bien l’élevage de Robert Robert Margé, l’impeccable présentation de ses pensionnaires et leur bravoure. Ils n’ont pas été déçus, et ces novillos, comme leurs congénères âgés de quatre ans et plus sont allés face au cheval du picador avec un incontestable entrain. Deux cavaliers ont même été mis en difficulté, ce qui démontre l’évidence que cet élevage situé sur les rives de l’Aude peut largement figurer dans tous les cartels.

Sérieux par leurs armures, les novillos accompagné par leur Majoral Olivier Margé l’ont également été par leur comportement. Leur noblesse n’était pas dénuée de piquant et la moindre approximation de leurs adversaires n’était jamais dénuée de conséquences.

Le Majoral des Monteilles, Olivier Margé confiant dans le comportement de ses pensionnaires

Les amateurs qui ont décidé de passer leur fin d’après-midi sur les gradins des arènes de Béziers n’avaient aucune raison d’être déçus. Ils pourront même dire aux absents, toujours trop nombreux, qu’ils seront passés à côté d’une belle soirée de taureaux.

Les trois novilleros présents au cartel se sont très largement exprimés, ils ont offert au public un beau spectacle, en même temps que de l’émotion. Car les novillos des Monteilles suivant inlassablement la muleta exigeaient de leurs adversaires de la rigueur et du sérieux.

Le coup de cœur du public et des connaisseurs, pour une fois d’accord, est allé au plus jeune dans le métier de ces novilleros. Diego San Roman a fait ses débuts en novillada piquée en janvier 2018 mais il a montré, notamment sur son premier taureau un sens de la domination particulièrement étonnant. Toréant contre les barrières  sur à peine 1 m² il a littéralement subjugué son adversaire en déployant un répertoire de passes qui s’imposaient aux novillo. Une belle estocade lui a permis d’obtenir un incontestable trophée. Un deuxième, celui que seule la présidence peut accorder n’aurait sans doute pas été indécent.

Une entame à la cape qui pèse d’emblée sur le taureau.

Une démonstration de domination imposant sa volonté au novillo contre les barrières. Le risque est évident en cas d’erreur !

Mais dans l’ordre d’entrée dans la profession, il convient de citer en premier le Franco mexicain « El Galo », l’un de ces toreros banderillero et au riche répertoire de cape qui séduisent toujours. Contrairement à Diego, malheureux à la mise à mort sur son deuxième taureau, il a été particulièrement efficace au moment de l’estocade, et le public a su reconnaître son engagement, son sens du combat, et aussi sa capacité à très vite comprendre les comportements de ses adversaires. Les deux oreilles obtenues étaient largement méritées.

Une belle passe de pecho (de poitrine) pour le torero franco-mexicain, El Galo

Carlos Olsina est l’enfant du pays, et il a commencé les novilladas piquées il y a tout juste un an. Il est issu de l’école taurine de Béziers Méditerranée, et son répertoire technique est incontestable. Il a pu servir de très belles séries de passe de la main droite, et de la main gauche, particulièrement à son second Toro, exceptionnel puisque gratifié d’un tour de piste posthume. Sa malchance au moment de la mise à mort l’a privé d’une oreille que son public lui aurait volontiers accordée.

Le torero biterrois a un incontestable bagage technique. Une belle sortie d’une série de passes qui ont pesé sur le taureau.

Au moment de conclure sur ce retour consacré à cette soirée du 13 août, il est possible d’exprimer plusieurs souhaits. La novillada avec picadors ne doit pas être envisagée comme une « sous–corrida », bien au contraire. Si le passage de trois à quatre ans pour un taureau de combat n’a rien d’anodin, il n’en demeure pas moins que les novillos sont de vrais adversaires, plus mobiles que leurs aînés, disposant peut-être de moins de force, mais de plus de charge, et en tout cas capables d’offrir au public, pour autant qu’ils trouvent des toreros à leur mesure, de belles sensations. Reste aux organisateurs de spectacles taurins à programmer ces novilladas et aux éleveurs de fournir des spécimens de qualité.

Autre élément non négligeable qui pourrait retenir l’attention du public, celui du prix des places. Plus accessibles que les corridas formelles les novilladas piquées peuvent partir à la conquête d’un nouveau public. L’enjeu est simple, il en va du maintien de la tauromachie !

Bruno Modica